L’endométriose, tu connais ?
Tu en as peut-être déjà entendu parler… sans vraiment savoir ce que c’est.
Trop de personnes vivent avec des douleurs sans réponse, parce qu’on continue à banaliser la souffrance menstruelle. L’endométriose reste encore largement méconnue, mal diagnostiquée et invisibilisée — surtout quand on ne correspond pas au “profil type”.
Cet article a pour but de t’aider à reconnaître les symptômes, à mieux comprendre cette maladie, à comprendre ce que ton corps exprime, à reprendre du pouvoir sur ton vécu et à poser des mots sur ce que tu ressens.
Dans la partie 2, on parlera traitements, approches complémentaires et place de la naturopathie dans une prise en charge globale.
Et si tu vis avec des douleurs ou des symptômes étranges sans réponse claire, j’espère que cet article t’aidera.
Saches que tu n’es pas seul·e. Je comprends ce que tu vis, car moi aussi, j’ai eu un parcours tumultueux avec l’endométriose.
Tu peux en découvrir un peu plus sur mon histoire personnelle par ici.
Une maladie fréquente… mais encore trop méconnu
L’endométriose touche environ 1 personne menstruée sur 10 dans le monde, soit près de 190 millions de personnes. Pourtant, elle reste mal connue, sous-diagnostiquée et entourée de tabous.
En moyenne, les personnes concernées mettent 7 à 10 ans avant d’obtenir un diagnostic.

Pourquoi ? Parce que cette maladie est complexe, ses symptômes varient énormément… et trop souvent, la parole des patient·es est minimisée.
Depuis toujours, mes règles n’ont jamais été une partie de plaisir — mais comme on me répétait que c’était « normal », je n’en parlais pas.
Pendant cinq ans, j’ai pris une contraception qui supprimait complètement mes règles : pour moi, c’était une vraie libération.
Mais quand j’ai dû l’arrêter, les douleurs sont revenues… bien plus fortes, parfois handicapantes. Elles ont pris de plus en plus de place dans ma vie, jusqu’à ce qu’on mette enfin un mot sur ce que je vivais… six ans plus tard.
C’est quoi, exactement, l’endométriose ?
« Endométriose » vient du mot« Endomètre» qui est la muqueuse que l’on trouve sur la paroi de l’utérus.
C’est une maladie chronique et inflammatoire.
Elle se caractérise par la présence de tissus semblables à la muqueuse de l’utérus (endomètre) qui se développent en dehors de l’utérus : sur les ovaires, les trompes, la vessie, le rectum, les intestins… voire dans certains cas, jusqu’au diaphragme ou à la cage thoracique.
À chaque cycle menstruel, ces tissus réagissent aux hormones comme s’ils étaient dans l’utérus : ils s’épaississent, saignent… mais ne peuvent pas s’évacuer. Résultat : douleurs, inflammations, lésions, et parfois adhérences.
⚠️ L’endométriose n’est pas “juste” une maladie gynécologique
On parle aujourd’hui de maladie systémique, car elle peut atteindre plusieurs organes et impacter le fonctionnement global du corps.
Il existe plusieurs formes d’endométriose
- Superficielle (ou péritonéale) : petits implants visibles à la surface du péritoine.
- Ovarienne : avec formation de kystes remplis d’un liquide brunâtre, appelés endométriomes.
- Pelvienne profonde : lésions qui s’enfoncent dans les tissus (intestins, vessie, ligaments, etc.).
- Extra-pelvienne (plus rare) : localisations au diaphragme, à la cage thoracique, aux poumons…
Qui peut être concerné·e ?
- Les personnes menstruées, dès l’adolescence.
- Les femmes cisgenres, mais aussi les hommes trans et personnes non-binaires.
L’endométriose ne fait pas de discrimination fondée sur l’identité de genre, et il est grand temps de reconnaître qu’elle peut aussi toucher des hommes trans, des personnes non binaires et toutes celles et ceux qui ont, ou ont eu un utérus.
Même sous traitement hormonal — y compris avec de la testostérone — l’endométriose peut persister. Le corps a en effet la capacité de transformer une partie de la testostérone en œstrogènes, ce qui peut entretenir ou réactiver la maladie, même si les symptômes sont parfois atténués ou modifiés
Et les causes, on les connaît ?
La réponse courte : pas vraiment.
On sait que l’endométriose ne se développe pas de la même façon chez tout le monde, et il n’existe pas encore d’explication unique et définitive.
Plusieurs hypothèses coexistent aujourd’hui mais aucune ne permet, à elle seule, d’expliquer tous les cas.
Je t’expliquerai ces différentes pistes plus en détail dans la partie 2.
Symptômes de l’endométriose : les signes qui doivent t’alerter
Des règles très douloureuses
Ce n’est pas juste « avoir mal au ventre » : la douleur peut être très forte, revenir tous les mois, et ne pas être soulagée par des médicaments classiques (comme le paracétamol).
Des douleurs en dehors des règles
Certaines personnes ressentent des douleurs dans le bas-ventre presque tout le temps, pas seulement pendant leurs règles.
Des douleurs pendant les rapports sexuels
En particulier quand la pénétration est profonde. Ce n’est pas « dans la tête » : c’est souvent lié à des lésions situées près du vagin ou dans le fond du bassin.
Des douleurs quand on va à la selle
Surtout au moment des règles, parfois accompagnées de troubles digestifs (diarrhée, constipation, ballonnements…).
Des douleurs ou gênes pour uriner
Parfois accompagnées d’une sensation de brûlure ou d’envie fréquente, surtout au moment des règles.
Des difficultés à tomber enceinte
L’endométriose peut gêner la fertilité, même si certaines personnes arrivent à avoir des enfants naturellement.
Une fatigue persistante
Vivre avec des douleurs chroniques, ça épuise le corps et le moral.
👉 L’intensité des douleurs ne reflète pas la gravité de la maladie.
Chaque personne peut ressentir des symptômes différents. Certaines ont très mal, d’autres pas du tout.
Aucun symptôme n’est spécifique à lui seul à l’endométriose. C’est l’association de plusieurs symptômes et leur lien (au moins au départ) avec la survenue des règles qui doit alerter.
J’avais tous les “classiques” de l’endométriose, mais aussi une douleur persistante dans la jambe droite — si intense que je me mettais à boiter. À l’époque, personne n’y voyait un lien avec l’endométriose. Pourtant, cette douleur s’atténuait après chaque opération… puis revenait. Ce n’est pas que les médecins ne me croyaient pas, c’est juste que personne ne faisait le lien. Même chose pour mes troubles digestifs : après des tas d’examens, on m’a dit que c’était sûrement un syndrome de l’intestin irritable… alors que, là encore, c’était lié à l’endométriose.
Comment sait-on si on a de l’endométriose ?
Avant, on posait surtout le diagnostic d’endométriose grâce à une chirurgie (coelioscopie), avec analyse des tissus pour confirmation.
Aujourd’hui, les recommandations ont changé : on privilégie un diagnostic basé sur les symptômes, l’examen physique et l’imagerie, sans forcément passer par une opération.
Pourquoi ce changement ?
- La chirurgie n’est pas un traitement définitif.
- Elle comporte des risques.
- Attendre une chirurgie pour poser le diagnostic peut retarder les soins de plusieurs années
1. D’abord, on écoute les symptômes
Le point de départ, c’est toi.
Le/la professionnel·le de santé va :
- Te poser des questions sur tes douleurs, ton cycle, ta fatigue, ta fertilité…
- Identifier des signaux d’alerte liés à l’endométriose.
🧠 Tu n’as pas besoin d’avoir « toutes » les douleurs pour être prise au sérieux.
2. L’examen gynécologique
Ce n’est pas toujours obligatoire, mais cela peut aider.
- Le/la professionnel·le va parfois palper le ventre ou faire un examen vaginal pour repérer des zones douloureuses ou des tensions.
- Si tu ne te sens pas à l’aise, tu peux en parler : ton consentement est essentiel.
3. L’imagerie médicale (écho, IRM)
🔹Échographie pelvienne ou transvaginale
C’est souvent le 1er examen proposé.
Elle permet de repérer certains kystes ou signes d’endométriose sur les ovaires ou proches de l’utérus.
🔹 IRM pelvienne
Elle permet de voir plus en détail s’il y a des atteintes profondes, notamment dans les ligaments, l’intestin ou la vessie.
🧠 Bon à savoir : toutes les lésions ne se voient pas toujours à l’imagerie. Un examen « normal » ne veut pas dire que tout va bien si les douleurs sont fortes.
4. Et la chirurgie ?
On n’en a pas toujours besoin pour poser un diagnostic.
La coelioscopie (ou laparoscopie) est une petite opération sous anesthésie qui permet de voir directement les lésions et de les retirer.
Elle peut être proposée quand le diagnostic reste incertain, ou pour soulager les douleurs.
On n’est pas obligé·e d’avoir une chirurgie pour être pris·e au sérieux.
Le plus important, c’est d’être accompagné·e par des soignant·e·s formé·e·s à l’endométriose.
Mon endométriose a été diagnostiquée pour la première fois par cœlioscopie — à l’époque, c’était la seule façon “fiable” de poser un diagnostic. Ensuite, à chaque retour des douleurs, j’ai eu droit à une série d’examens : échographies, scanners, IRM… Et pourtant, tous revenaient normaux. Malgré ça, j’ai été opérée quatre fois, et à chaque fois, on découvrait des kystes et des lésions bien réels. Alors non, des examens “normaux” ne signifient pas qu’il n’y a rien.
J’ai vu les modes passer : la chirurgie systématique, la pilule comme unique solution, la ménopause artificielle imposée, puis la phase où plus personne ne voulait opérer… parce qu’on commençait à se rendre compte que les opérations à répétition pouvaient parfois faire plus de mal que de bien.
Aujourd’hui, pour la première fois, on me parle aussi d’alimentation, de gestion de la douleur, de kinésithérapie, d’ostéopathie, de suivi psy.
Enfin une approche globale, qui prend en compte mon quotidien — pas juste mes organes.
Et alors, on fait quoi ?
On en parle.
Ce n’est pas normal d’avoir mal tout le temps ou de devoir s’organiser autour de ses règles.
Si tu te reconnais dans ces signes, n’hésite pas à en parler à un·e professionnel·le de santé.
Tu n’es pas seul·e, et ce que tu vis est légitime.
L’endométriose est encore mal reconnue, mais ça change.
Mettre des mots sur ce que tu vis est déjà un pas important.
Dans cette deuxième partie, on ira plus loin : on explorera les options de traitement, les dernières avancées scientifiques, et la façon dont la naturopathie peut s’intégrer dans une prise en charge globale, respectueuse de chaque personne
✨ Ton corps, ton identité, ton bien-être.
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À très vite,
Sandrine 🌿
Quelques sites à consulter :








